Octobre 2018 : c’est parti !

Une première récolte “pour voir”, et tester les différentes étapes de notre activités : récolte, nettoyage, séchage, stockage, transformation, analyse des produits obtenus.

Sur la photo, les grains sortis de la pulpe et prêts à être pressés. Mais ce ne sera pas pour cette année ni l’année prochaine, nous allons commencer par les transformations pour l’alimentation de la région : confiture, gelée et jus.

En parallèle, les premières démarches administratives pour la création de la coopérative.

Mai 2019 : une première récolte

Début des récoltes de la saison. La séparation des grains commence à la mi-mai. Les paysans voient arriver les fruits et nous demandent ce qu’on va en faire. Pourront-ils vendre les leurs ? Oui, s’ils adhèrent à la coopérative !

Juin 2019 : nos premiers produits !

Les produits transformés sont disponibles, pour analyse et début des ventes ! Il y a du jus pur, sans additifs, de la confiture, des pigments, de la gelée et des jus sucrés.

Juillet 2019 : analyses

Un envoi est fait vers la France, pour tester différents éléments : les contraintes douanières, les coûts des transports, et déterminer la bonne presse pour l’obtention de l’huile de cactus rouge, qui doit constituer notre ossature financière.
Cet envoi est l’occasion de vérifier le bien-fondé de notre idée initiale : presser l’huile ici et l’envoyer une fois extraite en France. Envoyer les grains en France pour pressage augmenterait considérablement les frais.

Août 2019 : de l’administratif, le stockage, les étiquettes

Contact avec le département de l’Industrie pour la formalisation de la coopérative. Les statuts sont prêts et déposés pour signature de la Chambre de Commerce et de l’Industrie le 10 de ce mois.

A l’arrivée en France, les grains sont confiés à un revendeur spécialiste des presses et des grains, qui va s’en occuper avant la mi-Août. Une approche est faite du réseau BioCoop et de l’entreprise Ethicable.
Le réseau BioCoop répond très sympathiquement, mais ne peut donner suite, l’huile de cactus rouge est un produit très spécifique et par ailleurs les BioCoop, dont l’objectif de privilégier les productions régionales, n’est pas adapté à ce type de demande. Un premier contact est pris avec Ecocert, seul organisme certificateur présent à Madagascar, pour une certification Agriculture Biologique.

Côté production, nous commençons à rentrer dans le dur, … et dans les problèmes à résoudre.
La collecte des pulpes a commencé. On aurait aimé pouvoir commencer la production d’huile mais son acquisition est encore une perspective lointaine. L’extraction d’huile de cactus se fait idéalement dans les 24h qui suivent pour un meilleur rendement et si on les stockent “séchées” plusieurs mois elles perdent leur qualité oléagineuse. MAIS à condition de les stockés avec les pulpes, la conservation peut être satisfaisante. Nous choisissons cette solution.
Le stockage se fait dans des fûts de 1m3, vite insuffisants pour la production que nous avons. Nous commençons des bassins en béton de 30 m3, pour stockage des pulpes avec les graines. On commence avec les moyens qu’on a mais ce n’est sans doute pas la meilleure manière pour la conservation des grains. On apprend… Il nous faut un financement qui nous manque d’au moins 800 €, idéalement 2 000 €. On fait appel à différents soutiens amicaux.
Pour les produits à destinations du marché local, notamment les confitures, on travaille dans des conditions déjà convenables bien qu’un peu à l’étroit. Les premières étiquettes autocollantes ont été imprimées à Tana, nous pouvons nous lancer sur le marché régional. Et nous allons utiliser notre radio pour pousser les produits locaux.

23 août : des photos de la récolte

La récolte bat maintenant son plein ! Quelques photos, un peu en désordre : la récolte, le chargement, le retour des pêcheurs…

Septembre 2019 : patience…

Les choses n’avancent pas. Les services sollicités en France pour l’analyse des produits et la validation de la bonne presse manquent de réactivité. Mais on ne se décourage pas !

Octobre 2019 : BON POUR LA CONSOMMATION !!!

Ça y est, notre confiture a eu la certification des deux laboratoires nationaux dont celui du ministère de la santé et celui du Centre national des Recherches scientifiques. BON POUR LA CONSOMMATION !!!

Décembre 2019 : le raketa mena enfin reconnu

La saison 2020 s’annonce bien !!

Et une conférence dédiée sur le cactus vient d’avoir lieu à Tana. Une grande première à Mada, avec des bailleurs de fonds et les partenaires traditionnels de l’État. Son existence montre l’intérêt suscité par cette plante trop longtemps décriée. Nous avons un stand pour présenter nos produits pour nous faire connaître, et aussi pour être à l’affût de contacts intéressants, technique comme commerciaux… Et aussi voir où en est la concurrence !!

janvier 2020 : préparer la campagne de financement

La saison de floraison est terminée. On attend maintenant la pluie pour gonfler les fruit de cactus.
Le temps libre est mis à disposition pour préparer la campagne de financement. Ce lundi sur le marché avec l’appareil photo, nous cherchons les contre-dons à proposer pour les amis français qui vont nous aider à acquérir la presse. J’ai interrogé ces artisans à propos de leurs travaux. Ils disent que le manque d’outils reste un handicap pour bien faire un article/objet digne d’être exporté pour faire face aux concurrences. Leurs outils sont très rudimentaires. Les bijoux tels que bracelets et bagues sont en alliage d’aluminium issu des marmites inutilisées ou en bronze ou cuivre. Cette modestie de moyens ne les empêche pas de fabriquer de beaux objets. La réputation de l’habileté artisanales des Antandroy n’est pas un mensonge !

Mars 2020 : on lève le nez

La pluie a sauvé les cactus ici, sinon la saison était perdue. Nous nous apprêtons à recevoir les premières récoltes d’ici peu. Tous les documents administratifs et fiscaux sont déjà en bonne due forme. Nous attendons le financement remboursable de la banque pour construire le premier hangar, il servira à la collecte et aux traitements. En parallèle, on réfléchit à un puits pour notre approvisionnement en eau.
Le debut de l’exploitation, ce sera à partir de mois de mai à cause de la construction du hangar en vue, et la récolte commencera aussi à partir de ce mois là. Mais il y a des paysans affamés qui nous vendent déjà leurs cactus rouge en ce moment même. Nous en profitons pour en extirper les graines.

Avril 2020 : le coronavirus et le financement

Les deux premières semaines ont été dures. La situation d’Ambovombe s’améliore maintenant. Tandis que la capitale, Tamatave et Fianarantsoa sont en quarantaine systématique, dans l’Androy, nous sommes dans le calme. Les gens ont peur de sortir. Tant mieux car bon nombre d’entre eux n’ont pas les moyens de précaution pour s’éloigner du virus au cas où. Les quotidiens des gens ici : la nourriture commence à se faire rare dans les campagnes. On craint beaucoup pour eux. En ville, les gens venant des autres provinces infectées sont marginalisés même après avoir été testés “négatifs” par la barrière sanitaire. En général, le confinement est le mot d’ordre ici.
Concernant notre projet, notre financement est suspendu par la Banque en raison de la situation mais de notre cote, il faut toujours continuer à se préparer avec ce qu’on peut faire sur place. Où vont les récoltes? Si on ne fait rien, les premiers et bons fruits vont tomber a terre et nous perdrons des centaines de kilos de graines. La priorité pour la coopérative, c’est la construction d’un hangar de 10m x 3m en tôle de zinc et planche pour traiter, stocker les graines en attente de leurs traitements.
La presse reste pour nous notre priorité absolu mais le pont aérien est pour le moment suspendu avec l’Europe ou la Turquie. Espérons que ça ne bloquera pas lorsque nous aurons pu l’acquérir.

21 avril : le puits avance

Et maintenant, le puits: nous avons déjà prospecté des point d’eau souterraine et en avons trouvé (nous avons joué au sourcier aux baguettes magiques). En ce moment, notre puits fait déjà 6m de profondeur et il nous reste encore 8-10m à atteindre par le fonds pour avoir de l’eau. Nous l’estimons d’ici une semaine car on travaille manuellement à la pelle, le sol est instable et on y va doucement sans aucune protection. On voulait faire des buses en béton mais financièrement ce n’est pas possible. L’important, c’est qu’on aura de l’eau pour nettoyer et traiter nos cactus, nos graines surtout. En fin, l’idéal ce serait de concevoir une éolienne de pompage que nous pourrions fabriquer avec des matériaux locaux (400-600€) environ avec le socle en béton, le quadripode, l’hélice, la pompe). Quant au magasin de stockage, nous allons commencer avec une 16 m2 et on verra progressivement.

22 avril : le choix de la presse

Le financement pour la presse va bientôt commencer. On croise très fort les doigts !
Ça fait maintenant plus d’un an qu’on réfléchit et qu’on se renseigne sur la presse sous tous les angles : la quantité à traiter, le volume souhaité, l’alimentation, la maintenance, la qualité, le prix. Le grain de cactus est particulièrement dur, surtout si on le laisse sécher plus de quelques heures hors de sa pulpe. On a aussi des échanges avec plusieurs fabricants. On doit maintenant arrêter notre choix.
Finalement, nous choisissons la presse NF600 du fabriquant Karaerler. Il s’agit d’un fabricant turc utilisant des éléments d’origine allemande. Le NF 500 aurait peut-être été suffisant mais n’est plus disponible, le NF 100 est nettement insuffisant, et le NF 800 demanderait un effort financier supplémentaire qu’il n’est pas justifié de chercher à atteindre.

Le site de financement participatif se met en place grâce au soutien de l’association française Libre-en-tête. La plateforme de paiement qu’on a choisi, stripe est avantageuse : 1,4 % de la contribution + 0,25 € par transaction CB, et les virements et chèques ne donnent lieu à aucun frais. Les contributions sont versées sur un compte français à partir duquel se fera directement le règlement au fabricant, ce qui là aussi limite le plus possibles les frais annexes. On espère commencer la campagne début mai.

27 avril : le chiffrage définitif

Le montant était globalement connu, nous discutons avec eux depuis maintenant un an, mais nous leur avons demandé de nous confirmer tous les éléments. Leur réponse est arrivée hier :

1/ price of the NF600: 4,700 €. Confirmed.
2/ price of transport to Madagascar: ? Price by vessel is 450 EUR
3/ terms of payment: ? TT in advance..
4/ delivery date: ? Within 2 working days after payment confirmed..

Le coût de réception (dédouanement et acheminement jusqu’à Ambovombe) est estimé à 450 euros. Soit un total de 5 600 euros.

9 mai : confitures, stockage et puits

Nous avons commandé un stockage de graine de cactus rouge aupres d’un fournisseur, ayant une capacité de 1m3 en zinc. Nous allons commencer la fabrication de confiture même à petite échelle ce mois ci sans perdre les graines.

Pour le puits, nous sommes en ce moment à 18m de profondeur et l’eau n’est pas encore au rendez-vous mais les indices sont très prometteurs. Mais plus nous descendons, plus le sable est instable d’où la necessité de revetir en beton ou en pierre mosaïque que nous avons déjà procédé. À ce jour, nous avons déjà investi sur 23 sacs de ciments de 50kg/unite. Et visiblement nous aurons encore besoin d’au moins 30 sacs supplementaires jusqu’au bétonnage du couvercle. Cette premiere partie ne concerne que le puits lui-meme, tandis que la deuxieme partie concernera la construction d’un pompage eolien et la troisième derniere partie serai le bassin de stockage de l’eau que j’estime entre 12 à 30 metres cubes selon nos besoins.

10 mai : l’eau arrive !

Ce dimanche matin, la bonne nouvelle nous a été annoncée par les creuseurs du puits : l’eau est bien là, jaillie de l’entraille de la terre à 20m de profondeur ! Seulement il nous faut attendre une semaine pour pouvoir reprendre le travail car un des trois de l’équipe qui fait la maçonnerie va effectuer un autre travail à Amboasary. Il nous reste à raffermir jusqu’à la surface (en haut) le bétonnage du puits et à compléter par le socle de 9m2 qui va recevoir les pieds de l’éolienne.

L’eau, enfin

30 mai : le financement de la presse

Nos amis de l’association Libre-en-tête commencent aujourd’hui leur campagne de financement. Espérons un résultat heureux, la réussite de notre projet en dépend. Et ayons confiance dans la générosité de nos amis.

18 juin : le puits, un enjeu décisif

Une analyse de nos besoins en eau amène à la conclusion d’augmenter la capacité du puits pour avoir 60m3 d’eau d’eau stockée au début de la période seche (aout-novembre).

Des sourciers sont venus et nous ont suggéré de creuser encore et encore au delà des 20m de profondeurs. Ce travail va être très risqué pour cause de sols instables mais on s’y est préparé : on vait installé la veille de gros palans pour soulever les buses, et après curage le volume de l’eau a triplé. On continue aujourd’hui. Le volume du bassin actuellement dépasse maintenant 30m3. Et en cadeau, des photos du coucher de soleil sur le soleil 🙂

Au premier plan les parpaings que nous faisons avec le sable extrait du puits. Nous n’utilisons pas la première couche, de la latérite, visible au fond, mais commençons à la deuxième. On voit aussi les buses qui vont nous permettre d’augmenter la profondeur du puits. Notre prochain gros travail !

19 juin : le chantier des buses

Gros travail aujourd’hui, la pose des 3 buses de chacune 450 kg, dix personnes ont été nécessaires. Nous pensons déjà au prochain chantier : l’éolienne qui alimentera la pompe.

L’huile : où en est-on ?

La campagne de financement avance bien, nous sommes encouragés par ces aides venues de loin. Pour mieux aider à voir où la presse se place dans notre travail, voici les différentes étapes qui font passer du fruit cueilli aux grains prêts à être pressés :

  • à réception, nous enlevons les piquants. Nous utilisons des brindilles d’herbes comme brosse.
  • un premier lavage enlève les impuretés superficielles, épines, poussières, … Les fruits abimés sont rejetés, pour éviter les risques de fermentation lactique
  • ensuite a lieu l’épluchage et la séparation des grains et de la pulpe. L’eau sera alors utilisée pour laver les grains.

Et n’oublions pas la fête de la musique

Malgré le virus, l’Alliance Française organise un spectacle pour la fête de la musique. Cache-bouche obligatoire et maximum 50 personnes, mais on pourra l’écouter sur RadioJeta, notre radio, qui fêtera bientôt sa vingt-troisième année d’existence !!!

2 juillet : j – 48heures pour la presse

La recherche de financement pour l’achat de la presse se finit demain soir. Il manque 700 euros. Nous revenons régulièrement devant l’écran de notre ordinateur pour voir si nous allons y arriver. Nous continuons d’espérer, il le faut.

5 juillet : et pendant ce temps-là, les travaux continuent 🙂

Réfléchir à la meilleure façon de remercier les donateurs n’empêche pas les travaux … et les inventions de suivre leur cours ! L’éolienne permettant de faire monter l’eau prend tournure.